On pouvait s'imaginer que la musique dite "électronique" (donc : faite sans instruments classiques et traditionnels, hein, on précise bien pour ceux du fond qui ne suivent pas) serait apparue en même temps que les premiers crédits d'état à la recherche en sonorités électroniques. Comme cela s'est produit en France, dans les années 50 et 60, au profit par exemple de Pierre Henry, pionnier de l'électro-acoustique, et auteur du toujours actuel "Psyché Rock", régulièrement remixé).
Eh bien non : fin 19e, les premières recherches en électronique suivent de peu la banalisation de l'électricité et c'est presque par hasard qu'on découvre qu'on peut en tirer des sons, mais des sons difficiles à maîtriser. Quelques inventions ludiques ou loufoques apparaissent alors pour demeurer au stade de curiosités de foire.
C'est un ingénieur russe, Lev Termen (Léon Thérémin en francisé), qui crée la première version "pratique et harmonieuse" : le THEREMINE, qui, en plus, a ceci de particulier qu'on ne le touche pas (voir vidéo ci-dessus) ! Les sons sont produits uniquement par les mains du musicien qui bougent autour de l'appareil et de ses deux antennes.
Avec son invention, présentée à la sortie de la Révolution Russe, Léon Thérémin séduit LENINE et est envoyé un peu partout comme ambassadeur de la nouvelle technologie soviétique. Hélas pour lui, il tarde à rentrer au pays et est secrètement enlevé pour être détenu en Sibérie ; sa mort est même officiellement annoncée.
Par la suite, cet instrument sert encore longtemps, et les progrès rapides des sons électroniques n'ont pas raison de lui pour autant.Le thérémine sonorise beaucoup de films de science-fiction des années 50 : des bruits de moteur des soucoupes volantes, aux premiers "ordinateurs sonores" (un exemple flagrant avec le générique de début et tout le bruitage du film de planète interdite).
Des compositeurs s'y essaient, de même que des maisons de disques sortent des compilations d'airs classiques joués au thérémine. En revanche, sa commercialisation n'aboutit pas et son utilisation "domestique" reste un échec, car complexe.
Son ultime réussite, néanmoins, est que même si on ne parle pas tous les jours du THEREMINE à table (un drame cuturel passé sous silence), l'instrument a servi à toute époque et sert encore : de Jacques Brel à Zazie en passant par les Beach Boys... en voici quelques exemples en cliquant ici ou là.
Léon Thérémin est décédé à 97 ans, en 1993.
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